Premier papier, début de profession de foi Print
Written by Jean-Bernard   
Tuesday, 29 July 2008 14:59

Pour mon tout premier papier sur Internet for everyone, je reproduis quelques propos que j'ai tenus à Astrid Girardeau, journaliste de écrans.fr.
C'est un peu ça qui m'a valu de me retrouver ici :)

Etes-vous inquiet par la loi Création et Internet ?

En tant que citoyen français, oui. Jusqu’ici, je ne m’y suis pas vraiment intéressé car je ne pensais pas qu’on en arriverait à de tels extrêmes. Mais les propos d’Henrard montrent l’état d’impréparation, voire d’inculture numérique du gouvernement. Ils veulent transformer la France en pays de geeks avertis, où tout le monde serait capable de remonter des adresses ou d’empêcher des contrevenants d’utiliser son trafic. C’est ridicule.

Internet, c’est tout sauf le Far-West, mais ils sont en train de le transformer en Far-West. Internet, c’est partager, échanger, faire des choses ensemble. Ils ne savent pas de quoi ils parlent, ils confondent Internet, les réseaux de communication et le web. Et aujourd’hui c’est la structure même d’Internet, la neutralité, l’inter-opérabilité, qui est directement menacée

Est-ce que la riposte graduée est compatible avec l’existence de FON ?
Je refuse de répondre. Je ne peux pas croire qu’une telle loi puisse passer. Aujourd’hui, il y a des auteurs et des créateurs qui veulent vivre de leur travail, et c’est normal. Mais au nom de ça, on est en train d’en faire une espèce de réserve d’indiens, et de tout faire pour ne rien changer. Il y a un tas de gens qui couinent, alors qu’il faut que ça bouge. Dans cette société où le numérique va jouer un rôle énorme, il faut réfléchir au cadre légal qu’on peut définir. Je demande que soit constituée une délégation parlementaire réunissant tout le monde et qui travaille en transparence — toutes les informations doivent être mises à disposition du public — sur les solutions à mettre en place pour assurer une juste rémunération aux artistes, sans criminaliser les internautes.

(...)

Comment en est-on arrivé là ?
Depuis 1994, et les premiers systèmes permettant le partage de fichiers de musique, jusqu’à il y a un an, l’industrie du disque n’a rien fait. Si, sur chaque fichier échangé, ils avaient perçu dix centimes de dollars, ils se seraient fait des milliards ! Mais ils ont refusé, car cela ne correspondait pas à leur modèle. Ils ont TOUT refusé. Et dans le même temps, le business s’est écroulé. Ensuite, Apple, puis Denis Olivennes, alors président de la Fnac, ont abandonné les DRM après avoir dit que c’était le Saint Graal. Après s’être plantés pendant quinze ans, au nom de quoi, de quelle morale, de quelle vision d’avenir, ces gens veulent-ils imposer leurs lois ? Ca n’est pas à Pascal Rogard, Pascal Nègre et Christine Albanel de décider, ça les dépasse. Ils ont leur mot à dire, mais comme d’autres. Ils n’ont pas à imposer de loi.

 

Last Updated ( Tuesday, 29 July 2008 17:42 )