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Petite analyse de texte et commentaires sur l'article de Luc Besson intitulé "Halte au piratage à grande échelle via Internet !". Paragraphe 1 : On apprend que les Français sont de grands "pirates" et qu'ils détiennent le record du monde de piratage avec "500 000 connexions illégales" par jour... le rapport avec les droits de l'homme est plutôt incertain. La différence entre 500 000 "vols de films" et 500 000 "connexions" donne à penser à une tribune rédigée en sortie de meeting (un peu arrosé) avec un lobbyiste que les raccourcis n'effrayent pas. Paragraphe 2 : La "culture gratuite", un fléau qui menace des milliers d'emplois... Que dire de la "culture du capitalisme financier" ? Attribuer la chute du cours de l'action Europa Corp au seul piratage, c'est "petit"... Heureusement, il y vient d'y avoir prise de conscience collective (ah bon ?)... HADOPI va punir les auteurs de vols. Le grand cycle du chasseur et du gibier va pouvoir commencer. Personne n'a pris le temps d'informer Mr Bession qu'en informatique, l'histoire montre que le gibier garde souvent une bonne longueur d'avance, mais je m'égare. Paragraphe 3 : HADOPI va "ouvrir les consciences" (en plus du porte-monnaie des Français, pour financer le dispositif)... On apprend que le téléchargement illégal est organisé par des entreprises à la recherche de profits générés par la pub. C'est bien mal connaître son sujet... il devrait peut-être contacter DailyMotion pour essayer de comprendre combien il faut en afficher des films pour commencer à gagner un peu de sous. Il peut aussi installer un client Torrent et chercher la publicité... Bref, nous en reparlerons plus loin.
Paragraphe 4 : Les sociétés complices du piratage sont les dealers des temps modernes... On n'a toujours pas d'information sur ce que sont ses sociétés, on peut commencer à penser qu'il veut accuser tous les FAI Français de complicité. On apprend que le piratage s'effectue grâce à des sites de téléchargement et de streaming hébergés à l'étranger (l'avènement du P2P n'est donc pas encore arrivé à ses oreilles). Le suspens est insoutenable, qui sont les coupables ? Paragraphe 5 : On entre dans l'underground, l'histoire officielle est terminée... Luc veut nous compter son anectode. Ces fameux sites étrangers de piratage ont des complices Français (une mafia internationale en quelque sorte). En effet, un site canadien (relativement inconnu) BeeMotion.fr, dont l'activité est le streaming de films piratés est hébergés chez un opérateur Français "Illiad, par l'intermédiare de sa marque Free"... oops, une petite diffamation au passage. Le site est hébergé sur une dedibox (filiale d'Illiad), mais Free c'est plus connu, ca frappe plus les esprits... ou bien c'est peut-être qu'a force de cottoyer Mme Albanel, on commence à croire que le mal Français en matière d'Internet, s'appelle Free. Beemotion va devoir en louer encore quelques autres, des dedibox à 30 euros par mois, pour financer Illiad... Paragraphe 6 : La publicité (un milieu que je connais bien) est au coeur du moteur (ce qui n'est pas complètement faux, les moteurs de recherche de torrent sont financés grâce à la publicité) du piratage... sauf que ca n'est pas l'exemple (pourtant bien plus pertinent) que nous soumet Mr Besson. Bref, les régies seraient coupables de percevoir une dime sur chaque film piraté... Pourtant, je n'en connais pas beaucoup de régies qui diffusent volontairement sur ce genre de sites. Le monde des régies publicitaire est assez complexe, c'est un système de poupées russes, il peut y avoir beaucoup d'intermédiaires pour l'affichage d'une seule bannière sur un site web, si bien que la régie d'origine lorsqu'elle décide de travailler avec des "revendeurs" n'a la plupart du temps aucune idée des sites sur lesquels elle est diffusée. Comment une régie peut-elle déterminer quel site (ou page d'un site) est légal ou illégal ? N'est ce pas le rôle de la justice ? N'essaye t'on pas de transformer petit à petit chaque intervenant de la chaîne de diffusion Internet en Justicier, pour combler les lacunes de la notre ? Les annonceurs (Priceminister est cité comme exemple (il est difficile de croire que c'est par hasard)) seraient aussi coupables, car ils se laissent afficher sur de tels sites, participants ainsi à cette économie sous-terraine. Sauf qu'en vrai, techniquement, il est impossible pour un annonceur de savoir sur quel site il est affiché, et même lorsque cette information serait disponible, là encore, quel mécanisme utiliser pour détecter et décider de la légalité ou non d'un site ? Tous les prestataires et fournisseurs sur Internet devraient donc ouvrir un bureau de la censure et de la surveillance afin de travailler au respect de la loi ? Peut-être que ca n'est pas à Genève qu'aurait dut être inventé le web, mais à Vichy ? Paragraphe 7 : Il existerait une multitude d'autres exemples indiscutables dont nous n'aurons malheureusement pas la primeure... Mais visiblement tout le monde est coupable. Par contre, je ne comprends pas pourquoi Mr Besson s'arrête si tôt dans la chaîne... Pourquoi ne pas inculper aussi le FAI, voir le fournisseur de boucle locale ? Après tout, il sont aussi coupables de laisser transiter des flux illicites sur leurs équipements... Paragraphe 8 : Il faut que cesse l'hypocrisie, selon Mr Besson... mais laquelle ? Ma conclusion :
C'est bien triste de voir tous ces mots et autant d'erreurs d'appréciation et de jugement de la bouche d'un industriel Français. Il faut bien comprendre que derrière ce discours il y a la patte de lobbyiste(s) de l'industrie des vieux médias. Quel intérêt ont-ils à compter l'apocalypse à leur client ? Vous n'avez jamais fait de consulting ? 1 - Dire ce que le client veut entendre ca permet de s'assurer un capital sympathie auprès de celui-ci (toujours utile quand il faut négocier les honoraires). 2 - Dresser un tableau très sombre de la situation ca permet de justifier un gros salaire (voir un salaire tout court).
Si Mr Besson à relevé quelques points justes : - les Français pirates et ont pris goût au gratuit, - certaines sociétés gagnent de l'argent grâce au piratage (mais il s'est trompé de cible*), il a tout de même tout faux sur le reste et c'est bien triste. Le piratage fait perdre de l'argent a certaines industries, mais sûrement plus par le fait qu'il n'a, pendant longtemps, pas eut de concurrent. C'est en permettant à tous les français d'avoir un accès Haut-Débit (minimmum 20 Mb/s utilisables) qu'a mon avis on résoudra ce problème. Mme Michu préferera alors dépenser ses 5 euros dans le film VoD du moment, qui démarrera à l'heure qu'elle à choisit et dans la qualité qu'elle aura choisit. Pour la musique c'est encore plus simple, il existe plusieurs modèles intéressants actuellement sur le net : deezer et iTunes. Avec un peu de pragmatisme de la part des maisons de disque, un troisième modèle pourrait naître, avec la généralisation de la 3G et 4G, sous forme d'abonnement forfaitaire mensuel. Ecouter en streaming sur son mobile (ou ordinateur) 200/500/1000/... de son choix, dans l'ordre de son choix et avec une qualité irréprochable (un des défauts de deezer**) chaque mois...voilà qui pourrait en séduire du monde. Son discours est complètement calé sur celui actuellement en vogue dans les milieux politiques (presque tous partis confondus), grâce à l'acharnement desquels on devrait retrouver d'ici peu tout un arsenal répressif, visant bien à transformer les acteurs d'Internet en Justiciers... * les hébergeurs de news ainsi que certaines régies publicitaires sont les seules à vraiment vivre de ce "business" ** les morceaux étant uploadés par des particuliers avec un volume et une qualité très aléatoire |